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Guerre commerciale sino-américaine et le mouvement du cours du Bitcoin

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4 November 2019 20h / bitcoin

Guerre commerciale sino-américaine et le mouvement du cours du Bitcoin

L’économie internationale connaît sa plus grande crise depuis celle de 2008. Il y a 11 ans cette dernière avait été à l’origine de l’émergence du Bitcoin : une monnaie internationale gouvernée de manière décentralisée et sans lien avec une autorité étatique ou bancaire. En 2019, alors que le climat de guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis est de plus en plus tendu avec de nombreux enjeux monétaires entre le yuan et le dollar, c’est bien la monnaie digitale et internationale que représente le Bitcoin qui pourrait en profiter avec une potentielle envolée de son cours. Avant de se demander comment le Bitcoin pourrait profiter ou non de cette guerre commerciale sino-américaine, plongeons-nous dans les causes et les effets de la crise économique actuelle entre les deux géants.

L’administration américaine de Donald Trump accuse la Chine de manipuler sa monnaie dans le but de favoriser son commerce extérieur. Une guerre monétaire intensifiée entre la Chine et les États-Unis développe de nombreuses inquiétudes sur les marchés financiers internationaux qui anticipent qu’une telle situation provoquera l’entrée dans un cycle de croissance faible de l’économie si le commerce mondial diminue.

Cependant, la manipulation monétaire de la Chine n’a pas encore atteint son apogée, en effet la dévaluation du Renminbi est souvent atténuée par la banque centrale chinoise qui maintient le cours de celle-ci en achetant massivement de la monnaie chinoise sur les marchés, ce procédé permet ainsi de faire remonter le cours de la monnaie par le mécanisme de l’offre et de la demande.

Ainsi, les accusations américaines ne semblent pas être fondées. De plus, le gouvernement chinois a réaffirmé ne pas souhaiter utiliser la monnaie nationale comme une arme dans la guerre commerciale. Si l’on observe le cours du Renminbi lors des cinq dernières années, on constate bien que le gouvernement chinois a fait l’inverse de ce dont les accusent les Américains. Alors que les marchés semblent pousser pour une dévaluation de la monnaie chinoise, le gouvernement soutient le cours de sa monnaie dans le but de favoriser le développement de son économie locale par rapport au commerce extérieur qui a fait la richesse de la Chine que l’on appelait alors « l’usine du monde ».

Dès lors, on pourrait comprendre que la grande crise commerciale dont tout le monde parle n’est en réalité qu’une manipulation parmi d’autres du président américain Donald Trump et que la possibilité d’une crise globale est très peu probable tant elle repose sur des accusations peu fondées. D’ailleurs, l’organisation mondiale du commerce en charge d’assurer le bon développement du libre-échange dans le monde n’a pas mis en demeure le gouvernement chinois pour cause de manipulation monétaire.

Le problème est que les marchés financiers ne font pas confiance aux politiques économiques à agir de manière rationnelle. De plus, dans l’ère économique actuelle, les marchés ne se fient plus vraiment aux faits et aux institutions internationales comme l’OMC, mais plutôt à un sentiment de marché propice aux comportements moutonniers.

Ainsi, toute escalade des tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, même infondées, pourrait bien provoquer un cycle de crise généralisée. En effet, si la Chine déclenche finalement l’arme monétaire avec une dévaluation non contrôlée du Renminbi, cela signifie que tous les autres pays qui commercent avec la Chine seront désavantagés, il ne s’agira pas uniquement d’un problème pour les Américains, mais pour tous les pays qui commercent avec le géant chinois. Tous les pays potentiellement touchés par une dévaluation du Renminbi mettront donc en place des politiques monétaires de dévaluation ce qui provoquerait une crise généralisée.

La Nouvelle-Zélande, l’Inde et la Thaïlande ont déjà annoncé être prêtes à mettre en place des politiques de dévaluation de leur propre monnaie dans le cas d’une chute trop importante du cours de la monnaie chinoise.

Le risque est donc de se retrouver dans une crise non pas du même type de celle de 2008, mais une crise comparable à celle des années 30 après le krach boursier de 1929. Une telle crise serait évidemment différente aujourd’hui avec l’impact d’Internet et de l’interconnexion économique actuelle.

Alors, face à l’éventualité d’une crise monétaire globale, quels sont les arguments en faveur de l’achat de Bitcoin ?

Qu’on le veuille ou non, aujourd’hui, la souveraineté monétaire des États est largement remise en cause. C’est un phénomène qui inquiète grandement les dirigeants. Il suffit d’observer le mouvement d’interdiction global de la future cryptomonnaie de Facebook, Libra, alors même que celle-ci n’est pas encore sur le marché. De son côté, le Bitcoin avec sa caractéristique décentralisée est beaucoup plus difficilement arrêtable par les gouvernements qui peuvent, au mieux, encadrer ses usages.

Dans les années 1930, les investisseurs se sont tournés vers l’or pour protéger leurs économies. Aujourd’hui le Bitcoin dispose des mêmes caractéristiques de réserve de valeur que l’or et il représente, en outre, une monnaie internationale en puissance.

Même si la corrélation entre l’augmentation du cours du Bitcoin et l’évolution de la guerre commerciale actuelle n’est pas parfaite, le fait que le cours du Bitcoin ait entamé un mouvement fort à la hausse depuis début 2019 est un premier indice en faveur de ce dernier.

Enfin, aujourd’hui, de nombreux investisseurs, y compris des investisseurs institutionnels, sont convaincus de la légitimité de l’alternative Bitcoin. Le nombre de produits dérivés Bitcoin sur les marchés financiers classiques est en perpétuelle augmentation. Le lancement d’une bourse institutionnelle nommée Bakkt d’ici la fin de l’année et la possibilité d’acheter du Bitcoin directement chez son buraliste grâce à Keplerk sont autant de preuves d’une démocratisation du Bitcoin.

Amanda Nguyen
Custom Service Manager

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