Logo de Keplerk

Keplerk Blog

L’enjeu de la taille des blocs de la blockchain Bitcoin

Partagez moi

4 October 2019 11h / bitcoin

L’enjeu de la taille des blocs de la blockchain Bitcoin

Dans cet article, nous allons essayer de mieux comprendre ce qu’est un « bloc » dans ce que l’on appelle la technologie « blockchain » sur laquelle reposent les Bitcoins que vous achetez via Keplerk.

Qu’est-ce qu’un bloc, quels sont les enjeux liés à sa taille ? Un bloc est ce que l’on pourrait apparenter à un dossier numérique qui contient les dernières informations relatives aux transactions réalisées entre les différents acteurs. L’ensemble de ces blocs, de ces fichiers mis ensemble, s’enchainent dans un ordre chronologique qui créer in fine une chaîne de bloc, et la voilà notre blockchain. La taille des blocs va déterminer le nombre d’informations que l’on va pouvoir insérer dans un seul et même bloc, plus la taille est grande, plus il est possible de recueillir un grand nombre de transactions, plus il est possible de réaliser un nombre important de transactions par seconde sur la blockchain grâce au protocole de minage. Lors de la création du Bitcoin, la taille des blocs était limitée à 36 Mb ce qui est une taille importante, cependant pour renforcer la sécurité des blocs contre les attaques de spams notamment, la limite a été fixée à partir de 2010 à 1 Mb, en revanche la question de la taille des blocs a depuis ce jour continué à faire débat au sein de la communauté Bitcoin. Comme évoqué ci-dessus la taille des blocs définie entre autres le nombre de transactions pouvant être traitées par seconde sur la blockchain, avec une taille de 1MB, la vitesse de transaction sur Bitcoin a oscillé entre 2 et 7 transactions par secondes.

Mais alors, pourquoi une telle importance de la taille des blocs ? Si jusqu’en 2014 le nombre de transactions à prendre en compte par le réseau n’utilisait pas les 1MB disponibles dans chaque bloc, à partir de 2015 la limite des 1 Mb par bloc a commencé à être atteinte de manière quotidienne. Or l’effet immédiat de l’atteinte de cette limite de taille est l’augmentation des frais de transactions. Si ceux-ci sont censés être minimes avec un fonctionnement normal, en cas de surchauffe de la taille des blocs cela signifie qu’il y a beaucoup de transactions à valider par les mineurs en même temps, de ce fait une file d’attente des blocs se créer, le seul moyen pour réaliser la transaction plus rapidement est d’insérer dans celle-ci des frais de transaction pour inciter les mineurs à traiter votre bloc en priorité. Malheureusement ces frais peuvent rapidement devenir importants, car celui qui offrira le plus gros montant sera celui dont la transaction est traitée en premier par les mineurs.

Ainsi, augmenter la taille des blocs sur la blockchain Bitcoin est devenu une priorité majeure pour les développeurs Bitcoin. Le président de la fondation Bitcoin Gavin Andersen avait même écrit un article à ce sujet en 2015 expliquant pourquoi il était nécessaire d’augmenter la taille des blocs. À partir de juin 2015, Andersen et ses pairs décident de suivre les valeurs de décentralisation et de communauté qui font la force de Bitcoin. La décision de conserver la taille des blocs à 1MB ou de réaliser une augmentation de la taille de ces derniers devra donc passer par une approbation majoritaire de la communauté. Depuis 2015 de nombreuses propositions d’augmentation de la taille des blocs ont vu le jour pour augmenter le nombre de transactions par seconde et la rapidité des transactions sur Bitcoin afin de rivaliser petit à petit avec les systèmes de paiement tels que Visa ou MasterCard.

Dès juin 2015, après l’annonce d’Andersen, un consensus de sociétés de minage chinoises composé notamment de F2pool, BTCChina, Huobi et BW a vu le jour en ligne en proposant une augmentation de la limite de taille des blocs de 1 à 8 MB.

Suite à cela, à la fin du même mois de juin 2015, Andersen lui-même proposa dans un article intitulé « Bitcoin improvement proposable », la proposition plus connue sous le nom de « BIP 101 » qui consistait notamment à remplacer la taille limite des blocs de 1MB vers une limite évolutive et prévisible à travers le temps pour soutenir l’évolution du nombre de transactions sur le réseau. La mise à jour de la blockchain Bitcoin avec ce procédé de BIP 101 était nommée Bitcoin XT. Bien que prometteuse cette proposition ne gagna pas les faveurs de la majorité de la communauté. En effet nombreux étaient les mineurs à ne pas souhaiter une augmentation de la taille des blocs trop importante afin de ne pas dire adieu aux frais de transactions qui même s’ils sont actuellement minimes, pourrait à terme, lorsque la limite des 21 millions de Bitcoin sera atteinte, représenter la seule source de revenus des mineurs. Cependant il n’y a pas trop d’inquiétude à avoir dans le sens ou les prévisions sont unanimes pour dire que cette limite sera atteinte à horizon 2140 et pas avant.

Finalement la communauté ne trouva pas de consensus pour augmenter la taille des blocs, mais préféra adopter le protocole Segwit qui permet lui aussi d’augmenter le nombre de transactions en réduisant au minimum les informations contenues dans les blocs. Enfin la taille des blocs a aussi été à l’origine de nombreux « hardfork », c’est à dire des scissions de la communauté Bitcoin dont certains groupes ont souhaité augmenter la taille des blocs. C’est notamment ce qui diffère Bitcoin de Bitcoin cash, BCH dispose d’une limite de taille des blocs fixée à 8MB. La blockchain Bitcoin SV a passé le cap des 2 GO de taille du bloc en juin 2019. Cependant, malgré ces augmentations de taille, de bloc le Bitcoin originel reste bien la cryptomonnaie de référence pour réaliser des transactions sans encombre.

Teidy Gao
Custom Service Manager

• Publié

Voir plus d'articles de cet auteur